Et si je me faisais une adresse bien nouvelle, de celle que je faisais moins ces derniers temps, pour cause de goûter dans les jardins parisiens, par lassitude de lire en 3 jours et demi tous les papiers et notes de confrères sur le même lieu à peine ouvert. Oui mais, il faut se tenir au courant, comprendre ce que les gens veulent, ce qu'on leur donne et ce qui se fait. Me voilà hier midi chez Pan, j'avais compris à mi-mot la note du Fooding, mon confrère de Que de la Bouche avait l'air d'en dire du bien (j'avais lu le titre de sa note pour être intriguée, mais ne pas en savoir trop). Le lieu en jette, un côté théâtre et en même antique (un caldarium romain je dirais) se dégage de ce décor, est-ce la couleur ocre des murs ? L'aspect vieilli, gratté ? En même temps, les chaises semblent de créateur, du contemporain s'en mêle, c'est pensé et ça un décor comme on en voit rarement à Paris. A 13h, ça manque cependant de spontanéité et ça ne semble pas très habité (malgré la douzaine de clients présents), au moins c'est reposant. A la carte, des entrées à 11, 12, 14, des plats à 18 (le club-sandwich) 19 (les pâtes), 22 et très vite 30 €. Moi ça me calme un peu, je ne vois rien de transcendant dans les énoncés, salade betterave, chèvre, rhubarbe, filet de merlu et courgettes, plus de caille, mais des tagliatelles, poutargue et oeufs de truite je crois (au saumon). Filet de merlu pour moi.
Les tagliatelles franchement tièdes par endroits de mon amie devaient comporter une cuillérée de poutargue râpée, quelques oeufs et pas mal d'herbes, sachant que la poutargue est tellement meilleure tranchée finement. En même temps, ça veut dire plus de produit et plus de prix (la poutargue est onéreuse, mais on se donne les moyens ou pas je dirais).
Gâteau perse et sirop de lavande, là je me suis régalée. Une couche au fond de pâte d'amande très goûteuse, une sorte de crème dense sur le dessus, du sucre roux qui donne du croustillant et de la caramélisation, des éclats de pistache torréfiée, des accents de cardamome, la lavande discrète (tant mieux, je ne suis pas fan), c'était délicieux. La crème fouettée n'apportait pas grand chose, mais on la lappait quand même.
Sincèrement, après le plat, je restais sur ma faim, le dessert a remonté mon moral je ne peux le nier. En résumé, le lieu me semble être l'aimant (avec le bar dans la seconde salle et la troisième salle avec sa grande table à partager, ses teintes et ses éclairages différents), pour boire des verres, grignoter, s'amuser, oublier. A l'heure où j'y étais (au déjeuner donc), on sentait la volonté de faire dans l'air du temps en cuisine, de sortir des beaux produits comme ça se fait, mais ça manquait de maîtrise (au niveau des plats en tout cas) et à ces prix-là à l'heure du déjeuner, le décor ne fait pas tout selon moi.
Pan, 12 rue Martel, 75010 Paris, 09 52 51 63 70, métro Château d'eau, Gare de l'Est

Le galopin en voila une bonne adresse
et vérifié plusieurs fois car Pan et quelques unes dans le coin ça ne vaut pas un clou.
le "confrère" que de la bouche n'est pas une référence même si c'est tout de même mieux que Pudlo.
Rédigé par : claude | 14 juin 2012 à 18:36
Alleluia ! Caroline Mignot a enfin écrit une critique vaguement négative...Et pourtant ça a été dur, encore quelques lignes et ça virait dangereusement vers le positif...
Rédigé par : Arnaud | 15 juin 2012 à 22:35
- Claude, le Galopin, ça fait des lustres que je veux me le faire !
- Arnaud, je peux vous en descendre des restos si ça vous fait plaisir (j'en vois et j'en goûte des horreurs). C'est juste que sur mon blog, j'aime écrire sur du bon et du beau, désolée pour vous.
Rédigé par : Caroline Mignot | 19 juin 2012 à 10:22
Pas la peine de forcément critiquer ou descendre des restos, il suffit de ne pas écrire d'article sur ce blog, qui est personnellement ma référence (merci Caroline) depuis presque 2 ans et qui, de mémoire, ne m'a jamais déçu.
Rédigé par : Morph | 27 juin 2012 à 12:34
D'accord avec Morph, je suis Concierge dans l'hôtellerie, et ce site est ma référence, grâce à vous j'en ai comblé des clients!
Rédigé par : Rébecca | 28 juin 2012 à 13:20
Morph, Rébecca, vos commentaires me vont droit au coeur, un grand merci. Malgré les apparences, mon métier n'est pas toujours si facile et je n'échappe pas à beaucoup de remises en questions. Bref, je peux vous dire qu'aujourd'hui, vos commentaires me font particulièrement plaisir.
Rédigé par : Caroline Mignot | 28 juin 2012 à 13:30
Très beau décor, belle carte… Sur cette dernière on y annonce des artichauts servis avec du parmesan. Le parmesan n'y était pas. Remarque faîte, le serveur ne s'en est pas inquiété, tout juste a-t-il bougonné que cet ingrédient n'était pas dans la recette et qu'il fallait corriger la carte. Le prix complet de cette entrée tronquée faisait bien parti de l'addition. Un filet de mulet au légume froid…Un tartare sans assaisonnement, c’est-à-dire de gros cubes de viande débités au "couteau" accompagné de câpres et d'oignon.…Y-a-t-il un cuisinier ? Un blanc qui aurait été très bon s'il avait été servi au moment des plats. Enfin, deux visages glacials, très peu accueillant, et dont la présence se limite aux gestes brusques qui flanquent chaque assiette sur la table. Bref,cher et peu recommandable. Pan.
Rédigé par : toto | 07 juillet 2012 à 15:57
toto, pff, ça ne fait pas envie du tout
Rédigé par : Caroline Mignot | 09 juillet 2012 à 14:31
Caroline, votre commentaire du 28 juin me pousse à prendre la parole ici pour la première fois : je vous suis assidûment et, pour moi aussi, votre blog est la référence; mon incontournable.
Rédigé par : alexandre | 17 juillet 2012 à 23:41
Alexandre, c'est si gentil, merci beaucoup. Je suis enchantée d'être l'incontournable.
Rédigé par : Caroline Mignot | 18 juillet 2012 à 11:29
It’s a pleasure reading your articles. Will keep a tab on this one.
Rédigé par : girl | 11 octobre 2012 à 17:31