Florence Kahn, c'est une institution yiddish du quartier de la rue des Rosiers/rue des Ecouffes. A l'heure du déjeuner, il y a le meilleur "falafel de Paris" en face qui attire des hordes de touristes et il y a à l'angle des deux rues la devanture en mosaïque bleue reconnaissable entre toutes (elle date de 1932 et est classée aux Monuments Historiques). Celle de la boutique traiteur, boulanger, pâtissier Florence Kahn que rien ne semble perturber. La boutique tout en longueur est un paradis de parfums de boulanger. Préparations salées (pastrami, caviar de poivron, d'aubergines, tarama, harengs, beureks et j'en passe) dans une première vitrine, puis gâteaux dans tous les sens et enfin coin boulangerie près de la caisse au fond. Je crois que je n'ai jamais vu des haloths briller autant (il s'agit des pains de shabbat) et je ne parle pas des bagels qui font très, très envie. Voici donc la formule déjeuner chez Florence Kahn à 12,50 € et son fameux sandwich au pastrami. Pour info, je suis installée avec mon plateau sur la terrasse
recouverte d'une grande bâche transparente qui laisse voir tout ce qui se
passe dans le quartier.
Ah le bonheur d'un nouveau salon de thé confortable, charmant, contemporain et où l'on a envie de rester ! Je vous ai déjà fait part de mon plaisir de découvrir toutes ces caractéristiques chez Colorova. Acide Salon de thé a lui récemment été ouvert par Jonathan Blot de la pâtisserie Acide Macaron, dont les macarons jouent effectivement beaucoup le registre de l'acidulé. Dans son salon de thé rue des Moines (Paris XVIIe), ce sont des pâtisseries du répertoire classique (religieuse, tarte, cheesecake) et même quelques viennoiseries qui sont mises en avant. La salle tout en enfilade conduit au laboratoire. Je radote (je le raconte déjà dans ma note sur Colorova), mais j'aime cette sensation d'activité en ébullition qui s'ajoute à l'ambiance d'un salon de thé parfois un peu calme. On sent que tout est en train de se faire, les pâtes, les crèmes, les échanges entre artisans. Cela ajoute du charme selon moi au moment. Mur d'un bleu envoûtant derrière le comptoir à gâteaux, murs clairs pour le reste, jolies tables en bois blanc, parquet clair, tous les ingrédients d'un lieu contemporain et confortable comme je le disais sont là, ça me va.
Je fais quelques expériences actuellement qui me font penser que la fève de cacao a toute sa place dans le chocolat. Elle en est à l'origine me direz-vous, mais sous le coup de la transformation (broyage, conchage et autres affinages), la fève disparaît pour laisser place à cette matière qu'est le chocolat. Son croquant, ses notes de cacao brut ont pourtant toujours alimenté le mystère du chocolat. Il est vrai que quand on goûte à cette fève qui est en train de sécher à même le sol chez les planteurs dans la pampa d'Equateur, qu'on aperçoit sa couleur aubergine ou lilas, qu'on décèle déjà ses notes fruitées, acides... La fève exerce un charme étrange, le chocolatier a forcément envie de la décortiquer, de comprendre et au final de la sublimer. Bref, tout ça pour dire que quand elle vient faire une apparition dans le chocolat, je me réjouis !
A l'occasion de quelques jours dans le Luberon, je ne peux échapper à l'attrait qu'exerce sur moi La Petite Maison de Cucuron. En plein coeur du Luberon, à quelques kilomètres de Lourmarin, le village de Cucuron avec sa vieille tour qui domine et ses multiples moulins à huile est magnifique et son bassin bourré d'énormes poissons rouges (on croirait voir un bassin japonais) à l'ombre des platanes centenaires encore plus. Le restaurant d'Eric Sapet donne sur le bassin, ce qui plante un décor enchanteur. La terrasse sous la tonnelle est exquise, quant à la salle à l'étage, elle revêt des airs de salle à manger de grand-mère avec ce qu'il faut de clarté et de sobriété pour ne pas se sentir prisonnier ou engoncé. Un jour de mai, je m'apprête à redécouvrir la cuisine du chef que j'avais tant aimé il y a 5 ans, à l'occasion d'une expérience estivale, puis automnale quelques semaines plus tard. Cette fois, me voici au printemps et cela commence par un velouté d'asperges avec une cuillère de brousse du Rove (en somme, deux de mes éléments préférés).
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