Soyons honnête, à l'instant même où je découvrais les photo ici (merci Bruno !), je prenais mon téléphone pour réserver. Toyomitsu Nakayama a travaillé quelques années auprès du créateur Kenzo, avant de revenir à la restauration et d'ouvrir Toyo il y a 3 semaines. Son portrait peint par Kenzo, délicat et respectueux du cuisinier, est exposé dans l'entrée, tandis que vous croiserez un hypnotique corps nu et tatoué signé également de la main de Kenzo du côté des lavabos... Samedi soir dernier 21h, un lieu tout en profondeur, sobre, discret, quelques tables dans une première salle près de l'entrée (à 2 ou 4 couverts chacune), puis le long comptoir derrière lequel s'exécute une partie de l'équipe, longé d'estampes fleuries délicates et piqué d'un bouquet de branches de chèvrefeuille légèrement en fleurs. Une quinzaine de convives tout le long, nous, nous étions 4, heureusement en bout de comptoir, qui formait un angle et permettait de discuter pas tout à fait en face mais tout de même confortablement. Deux menus à la carte, 55 € et 75 €, on choisit le premier. Pour commencer, de délicieux morceaux de baguette fraîche et un beurrier composé d'un demi sel et d'un beurre aux algues. Pain et beurre me réjouissent dans chaque bon bistrot ou brasserie, mais j'avoue qu'ici, ils me désarçonnent un peu. Après, cela ne tient qu'à chacun de se servir ou non.
Après une mise en bouche délicate avec ses bulots chauds, voici le maquereau légèrement saisi dessus dessous, posé sur une sauce tartare délicieuse, échalote, légumes en saumure (cornichon ?), algues, acide-acidulée, et quelques pousses surprenantes, comme celles de daikon, au goût de radis piquant.
Noix de Saint-Jacques saisie à la plancha et croquette de daikon, le daikon réduit en fine purée est saisie à en devenir croustillant sur les bords et un tout petit peu gras en bouche, c'est un délice.
L'entrée qu'on a bien failli nous faire disparaître, en fait. Elle devait arriver en 2e position et c'est avant le plat qu'on s'en est rendu compte et qu'on l'a signalé, ouf, juste à temps. Crevettes cuites juste assez pour ne pas se raffermir et restées fondantes sous la dent, et beignet de légume japonais. Le tout plongé dans un bouillon terriblement bon et parfumé.
Mon plat, un curry japonais divin, la sauce brune est le curry comme on n'en goûte assez peu dans les restaurants japonais (de temps en temps, chez Zen), celui-ci est particulièrement fin, passé au chinois, et parfume le beignet de légume (aubergine je crois) et celui de calamar avec délice. Riz japonais, ferme, savoureux, de grande qualité.
Pour votre curiosité, l'autre plat du menu, le pot-au-feu. Pour l'avoir goûté, je crois n'avoir jamais savouré une viande de pot-au-feu aussi tendre. Elle se détachait comme jamais et avait tout de même l'excellent maintien requis en bouche.
Sorte de crème mousseuse au thé vert sur un biscuit au thé vert (tiramisu revisité) et petite crème au caramel agréable.
En fait, en discutant un peu, quelqu'un de l'équipe m'explique que le lieu se prenait sa première grande soirée (le lieu affichait complet) depuis son ouverture et disons que l'on sentait une certaine émotivité. Le rythme n'y était pas, le temps attendu entre chaque plat était trop long et le vin finissait par prendre le pas sur les bouchées... Suite à l'incident de l'entrée oubliée, mais rattrapée puisque servie à temps, on nous a gentiment servi une coupe de champagne à la fin du repas. Dans un premier temps, mieux vaut-il peut-être tenter sa chance en semaine à l'heure du déjeuner (menus à 35 € et 45 €).
Toyo, 17 rue Jules-Chaplain, 75006 Paris, 01 43 54 28 03, métro Vavin
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